Perturbateurs endocriniens : tout savoir pour les éviter

Publié le : 27/07/2017 22:24:18
Catégories : Actu , Infos allergies

Accusés de causer bien des maux, les perturbateurs endocriniens n’ont vraiment pas la cote. En réalité, c’est même tout l’inverse : une véritable mode anti perturbateurs endocriniens prend son essor, dans le même état d’esprit que beaucoup de projets écologiques.

De quoi sont accusés les perturbateurs endocriniens ?

Un perturbateur endocrinien est une molécule, qui comme son nom l’indique vient perturber le fonctionnement endocrinien, c’est-à-dire tout le fonctionnement hormonal.

Pour bien fonctionner, le corps a besoin de nombreuses hormones, qui ont chacune un rôle unique à jouer. Hormones de croissance, sexuelles, thyroïdiennes, cardiaques... la liste est longue ! Chacune interagit avec les autres, par le biais d’une réaction en chaîne. Comme un caillou jeté dans un lac, qui crée une onde, qui en crée une autre etc. Une hormone perturbée dérègle tout votre organisme.

Ce dérèglement peut évidemment causer des maladies et même modifier la sexualité des embryons... En Ontario, le nombre de naissances de garçons a en effet chuté ces 20 dernières années, depuis la présence de grandes industries, selon cet article.

Exemples de maladies pouvant être provoquées par une exposition trop importante et régulière aux perturbateurs endocriniens :

  • Obésité
  • Cancer (prostate, testicule, sein...)
  • Baisse de fertilité
  • Allergies
  • Diabète

Les perturbateurs endocriniens ont en effet la capacité d’imiter l’action d’une hormone (la rendant ainsi plus forte par exemple), de l’augmenter, de la diminuer ou de la bloquer en occultant ses récepteurs. Une influence même minime peut chambouler le corps, sans que l’on s’en rende compte.

Où se cachent les perturbateurs endocriniens ?

Ils sont partout ! De quoi devenir parano !

Pour simplifier, tout ce qui n’est pas naturel peut contenir des perturbateurs endocriniens : objets en plastique, maquillage, nourriture industrielle ou aliments pollués...

On considère qu’il existe une dizaine de perturbateurs endocriniens, aux noms plutôt barbares. Voici un résumé de leur impact, par types de produits.

Soins du corps

Pas forcément besoin de se tartiner le visage de plusieurs couches de maquillage pour s’exposer aux perturbateurs endocriniens : mousse à raser, colorants pour cheveux, lingettes jetables, crèmes et produits hydratants, et donc bien sûr cosmétiques, en contiennent. Finalement, quiconque a une hygiène corporelle minimale, s’expose chaque jour aux perturbateurs endocriniens.

Grosso modo, à moins d’avoir opté pour une gamme de soins du corps entièrement naturelle (ce qui est, heureusement, possible mais cher), vous prenez soin de votre corps et de votre apparence grâce à un véritable poison. Paradoxal, non ?

Environnement

Pesticides, tuyaux PVC, détergents, peintures, CD/DVD... Des éléments avec lesquels nous sommes quotidiennement en contact : même si vous faites attention à ne pas vous exposer aux perturbateurs endocriniens, vous l’êtes malgré vous.

Produits pour la santé

Lentilles de contact, lotions antiseptiques, instruments médicaux, dentifrices... Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’hôpital même en vous soignant, vous pollue et nuit à votre santé. C’est l’hôpital qui se fout de la charité.

Aliments et boissons

Emballages alimentaires, soupes déshydratées, eau potable, chewing-gum, céréales, viandes, margarine, poissons et crustacés, lait de vache... Vous consommez à chaque repas, des perturbateurs endocriniens.

Oui mais alors, quelle attitude adopter ? Ne soyons pas défaitiste : même si la réalité que nous sommes tous exposés à ces perturbateurs endocriniens, nous pouvons agir pour limiter les dégâts et pour encourager le monde à se passer de ces produits nocifs.

Les produits à éviter

Si l’on résume, l’humain devrait éviter tout produit fabriqué en plastique, toute alimentation préparée industriellement, et consommer BIO. Voilà la règle d’or. Pour aller plus loin, il faut se creuse la cervelle et faire la chasse aux perturbateurs endocriniens, dont voici les 3 plus connus :               

Le Bisphénol A se trouve dans de nombreux objets que nous utilisons au quotidien. En fait, ils sont constamment autour de nous.

Jouets, peintures, cosmétiques, contenants alimentaires tels que les biberons.

Les Phtalates entrent dans la composition de nombreux objets en plastique et produits de cosmétique

Le Parabène s’incruste quant à lui dans les aliments transformés : encore une bonne raison de fuir les plats cuisinés. Mais aussi dans les cosmétiques.

Les autres perturbateurs, moins connus et pourtant tout aussi présents dans notre quotidien sont l’alkylphénol, BHA, BHT, cadmium, ignifuges bromés, mercure, plomb, téflon, composés perfluorés, tricoslan.

Notre vie moderne est en somme, envahie de perturbateurs endocriniens qui peuvent en partie, expliquer l’augmentation de cancers et d’obésité dans le monde et surtout dans les pays industrialisés.

La solution : Boycott !

Facile à dire, beaucoup moins facile à faire. La difficulté passe d’abord par la lecture des composants de tout ce qu’on achète... Puis par l’évitement de ces produits, ce qui sous-entend de trouver un remplaçant. Un vrai casse-tête, une mission impossible quand on sait que tous les logements sont équipés de tuyaux en PVC. Vous imaginez refaire toute votre tuyauterie avec un matériau naturel, et d’ailleurs lequel ?

L’action ne peut donc pas être exhaustive. Contentons-nous d’adopter de nouvelles attitudes, plus ou moins à portée de main :

  • Manger des produits frais BIO et donc, cuisiner vos propres plats
  • Choisir des vêtements naturels (il existe des sites de vente en ligne de vêtements en lin, en coton bio...)
  • Éviter les produits en plastique qui peuvent contenir quasiment tous les perturbateurs endocriniens connus.
  • Utiliser des cosmétiques et soins du corps naturels et BIO

C’est sans doute pour les enfants que le boycott des perturbateurs endocriniens est le plus difficile, notamment parce que de nos jours, les jouets à succès sont tous en plastique. Et si vous en trouvez sans Bisphénol, il y a des chances pour qu’il contienne un autre perturbateur endocrinien que vous ne connaissez pas...

Comme beaucoup de prises de conscience modernes, la lutte contre les perturbateurs endocriniens passe avant tout par un changement de mode de vie : se contenter de choses plus naturelles, rime souvent avec se contenter de peu. Un fonctionnement qui va également dans le sens de la protection de l’environnement en évitant le gâchis, véritable fléau de notre époque.

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